critique guy courtheoux

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Geneviève Casile incarne une Alma Mahler superbe qui voit un éditeur pour publier ses mémoires.

A New York, dans les années 60, Alma Mahler va recevoir son éditeur, qui arrive avec du retard chez elle. Ils vont relire ses mémoires. Ses mémoires amoureuses surtout, car, bien qu’elle ait été la femme du célèbre compositeur, il ne fut pas son premier amour, ni son dernier. Toutefois il fut son premier mari, de 1902 à 1911. Cette femme extraordinaire a connu des amants qui tous furent célèbres dans le Vienne du début de ce siècle. Son premier ‘baiser’ lui aurait été donné par Gustav Klimt, elle  fréquente aussi Alexander Von Zemlinsky, la pièce ne parle pas de tous les hommes qui ont traversé sa vie, mais l’amour qu’elle connut avec Walter Gropius ou Franz Werfel qui furent ses deux autres époux, ou son autre amant célèbre, Oskar Kokoschka.   Et la mise en scène habile de Georges Werler, sur le texte de Marc Delaruelle, permet au spectateur de revivre toute la vie d’Alma Mahler avec seulement 3 personnes sur scène. Geneviève Casile, qui est Alma Mahler au crépuscule de sa vie, alors que son éditeur, et tous les personnages masculins auront les traits de Stéphane Valensi, alors qu’Alma jeune, ou sa fille auront les traits de Julie Judd.

Passionnant de bout en bout, Alma Mahler, l’éternelle amoureuse ne peut laisser personne indifférent. Cette femme qu’on pourrait cataloguer comme volage est pourtant une femme d’amour, qui garda le nom de Mahler à tout jamais, même quand elle fut mariée à ses deux autres maris. Mais il faut voir cette pièce pour l’interprétation hors pair de Madame Geneviève Casile, impressionnante de vérité, drôle, fière, unique. Si ce n’était que pour elle, vous devriez voir cette pièce. Mais, comme je vous l’ai dit, il y a bien d’autres raisons, ne serait-ce que pour les rôles masculins tous interprétés avec justesse par Stéphane Valensi.

Décidément cette année 2017 démarre sous les meilleurs auspices pour le théâtre.

Photos: @ jstey

Alma Mahler, l’éternelle amoureuse, c’est au Petit Montparnasse, rue de la Gaité, du mardi au samedi à 19h00, matinée le dimanche à 17h30

Places 18 et 32€

Réservations : 01 43 22 77 74  ou www.theatremontparnasse.com

 

 

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Le moins que l’on puisse dire c’est que cet hôtel n’est sur aucune carte, et que Eric-Emmanuel Schmitt ne manque pas d’idées pour nous offrir une oeuvre magistrale!

 

Julien Portal (Davy Sardou) sort d’un ascenseur, accueilli par deux jeunes gens angéliques ( Günther Vanseveren et Roxanne Le Texier), qui semblent trop silencieux, et qui lui montrent le chemin d’une chambre. Désorienté, il va les suivre pour se reposer. D’autres « clients » de cet hôtel vont se retrouver dans cette pièce principale pour converser, bientôt rejoints par Julien. Il y a Marie (Michèle Garcia), une femme de chambre qui aime raconter sa vie, un vieux mage, Radjapour (Jean-Paul Farré), le président d’une société connue, Delbec (Jean-Jacques Moreau), qui tous voudraient bien voir le Docteur S (Odile Cohen). Ils tentent tous d’expliquer à Julien où il se trouve. Une fois que ce dernier comprend enfin la situation arrive une nouvelle jeune femme , Laura ( Noémie Elbaz). Chacun de ces personnages a son importance dans ce conte surréaliste, métaphysique, et absolument passionnant de bout en bout. Ne comptez pas sur moi pour vous en dévoiler plus.

© Fabienne Rappeneau

Une fois encore, on sent la patte de l’auteur, Eric Emmanuel Schmitt, qui arrive à nous passionner deux heures durant ( ou peu s’en faut), certes avec des comédiens remarquables, mais surtout avec un texte comme on aime en découvrir au théâtre, et des situations à la fois cocasses et surprenantes, des personnages qui n’auraient jamais dû se rencontrer, dans ce très beau décor de Stéphanie Jarre qui permet au metteur en scène, Anne Bourgeois , de nous démontrer une fois de plus qu’elle est indispensable à la santé du théâtre français.

Que dire de plus, si ce n’est qu’on passe par toute une gamme de sentiments, on rira au début à certaines répliques, ensuite on frissonnera un peu, on s’inquiètera, on tentera de deviner le déroulement final, qui va rester, qui va partir, et ce jusqu’à la dernière seconde. Décidément, cette deuxième partie de saison nous offre une diversité de pièces qu’on a vraiment envie de voir, et de conseiller, même lorsqu’il s’agit de sujets graves. Du grand théâtre, et une nouvelle réussite à l’actif du Théâtre Rive Gauche.

© Fabienne Rappeneau

Hôtel des deux mondes, c’est du mardi au samedi à 21h00, avec une matinée le dimanche à 15h00 au théâtre Rive Gauche, rue de la Gaité, à 2 pas du Métro Edgar Quinet.

Places de 27 à 45€ (en réservant plus de 30 jours à l’avance, vous bénéficiez d’une réduction de 10 à 20 %

Réservations au 01 43 35 32 31  ou www.theatre-rive-gauche.com

© Fabienne Rappeneau

 

 

 

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J’ai rarement vu une salle rire autant au théâtre. C’est de la folie, Eric Fraticelli a écrit la pièce la plus drôle actuellement à l’affiche, c’est LE CLAN. Ne lisez pas le sous titre du flyer : Le Fiasco du siècle. C’est la réussite de l’année!

Près de deux heures de fous rires, avec une histoire rocambolesque, celle d’une bande de bras cassés, des pieds nickelés, Fred, Max, Achille et Francis la belette, des petits voyous sans envergure, qui, après avoir raté un « contrat », consistant à abattre un autre voyou se retrouvent sans le sou, et cherchent un moyen de payer leur loyer. Ils finissent par trouver le nouveau « mauvais coup » pour se refaire, et décident d’un kidnapping.  Comme il se doit, tout ne va pas se passer comme prévu.

Ils sont 5 sur scène, dont un avec un accent corse à couper au couteau, plus vrai que nature : Jean François Perrone. Il y a aussi celui qui a écrit la pièce, et qui l’a mise en scène : Eric Fraticelli, qui joue le plus idiot de ce Clan, Denis Braccini, le cerveau et Philippe Corti, le plus célèbre, que l’on a vu dans nombre d’émissions de Thierry Ardisson. Il fallait une touche féminine, qui tient un rôle important dans cette pièce et c’est Aurélia Decker qui vous réjouira.

Difficile d’en dire plus sur cette pièce géniale, sans en dévoiler la trame. Même si ce ne sont pas les surprises qui manquent, ce sont les dialogues qui vous feront pouffer de rire. Et pas une seule fois. Je crois bien que dès les premières minutes la salle est pliée de rires, et applaudit chaudement. Ces dialogues avec une touche de non-sens prouvent que les directeurs du Théâtre de Paris, Stéphane Hillel et Richard Caillat, ont trouvé la perle rare, qui fera de ce CLAN la pièce à voir cette saison, et peut-être bien plus. Tout le monde trouvera son compte dans cette pièce, tout le monde pourra rire. C’est un pur bonheur. Près de deux heures qui nous font oublier tout. Franchement, voir une salle dans une telle euphorie, c’est rarissime et ce grâce à toute l’équipe de ce CLAN.

Je crois avoir été clair, courrez vite à la salle Réjane du Théâtre de Paris, Ne faites pas comme ces bras cassés: Réservez vos places.

LE CLAN : du mardi au samedi à 21h00, matinée samedi à 17h00 et le dimanche à 15h00.

Réservations au : 01 42 80 01 81 ou theatredeparis.com

 

 

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4ème film de Lucien Jean Baptiste en tant que réalisateur, et certainement le meilleur à ce jour.

Rien de plus normal, on se retrouve dans une famille on ne peut plus normale. Paul et Sali (Lucien Jean Batiste et Aïssa Maïga) sont mariés et ne peuvent pas avoir d’enfant. Ils ont déposé une demande d’adoption, et celle-ci est sur le point d’aboutir grâce à l’ouverture d’esprit du directeur de l’office d’adoption (Michel Jonasz), et ce malgré l’opposition d’une assistante sociale qui refuse un état de fait, Madame Mallet, ( Zabou Breitman). Oui, les parents adoptifs sont blacks, lui martiniquais, elle africaine, et le bébé, Benjamin, est blond comme les blés. On ajoute à ce cocktail les parents africains (Marie Philomène Nga et Bass Dhem) qui sont totalement opposés à l’idée d’avoir un petit fils blanc, et le meilleur ami de Paul, Manu, un mec pour le moins farfelu, (Vincent Elbaz), et vous allez obtenir un cocktail délirant.

Dès les premières scènes on est sous le charme. Non pas uniquement à cause de la situation, mais avec la dose d’humour que nous prodigue le réalisateur, Lucien jean Batiste. Et tout cela pendant toute la durée du film, qui accumule les situations extravagantes, qui oscille entre plusieurs formes d’humour, dont une , en fin de film qui rappelle les grandes comédies, même si alors on se doute un peu de ce qui va arriver. Je me suis laissé aller, à rire, à être ému par ce bébé qui ne cesse de sourire, à m’intéresser à toute cette gamme de personnages et à ces situations pour le moins rocambolesques. Voilà une comédie dont on sort avec un large sourire. Un film qui nous fait du bien. Bien mieux qu’un médicament contre l’anxiété. Il a déjà tes yeux…nous on a encore le sourire.

Il est sur les écrans depuis quelques jours, et semble attirer le public. Preuve que le bouche à oreille est efficace!

 

le film annonce :

 

 

 

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Les pièces signées Jean Cocteau sont rares, profitons de l’aubaine pour découvrir celle-ci avec de remarquables comédiens!

Une jeune reine au visage voilé, erre de château en château dans un pays d’Europe, recluse et coupée du monde. Elle ne voit que deux personnes,  Félix, un duc qui lui sert de valet de pied (Julien Urrutia) et Edith, qui lui fait la lecture et qui est la seule personne à avoir l’autorisation de voir son visage (Salomé Villiers). Elle refuse de se mêler à la cour, et vit dans le souvenir de son mari assassiné lors de ses noces par un terroriste.  Le soir du 10ème anniversaire de la mort de son défunt, un jeune inconnu fait irruption dans sa chambre, qui ressemble beaucoup à son ex mari. Le comte (François Nambot) qui est le chef de la garde, enquête.

Jean Cocteau avait réalisé le film en 1947, avec Jean Marais, dans le rôle de l’inconnu, Stanislas, face à Edwige Feuillère , la reine. Cette fois c’est au théâtre, dans ce bel écrin en bois qu’est le théâtre du Ranelagh que l’on va pouvoir applaudir Alexis Moncorgé, qui avait été sublime dans Amok (au théâtre de Poche Montparnasse), avec à ses côtés, Delphine Depardieu, que j’avais découverte au théâtre dans le Dernier Baiser de Mozart.

Certes nous sommes là dans les hautes sphères du français, avec un texte superbe du grand maître, et une mise en scène habile d’Issame Chayle. On nage en plein drame, et c’est  drame politico-romantique. La pièce est une adaptation “imaginaire” et très libre de la mort du roi Louis II de Bavière, déclaré fou et interné au château de Berg, où il trouvera la mort dans des circonstances mystérieuses.

Un beau texte, une mise en scène intelligente et des acteurs brillants, que demander de plus?

TOUTES LES PHOTOS @BEN DUMAS

Jusqu’au 30 mars 2017

THEATRE LE RANELAGH

5 rue des Vignes 75016 PARIS

du mercredi au samedi à 20h45 dimanche à 17h supplémentaires : . à 17h les samedi 21 janvier et 18 mars .

19h les lundi 6, 13 février, le mardi 21 février et le vendredi 10 mars

20h45 les lundi 13, 20 et 27 mars

Réservation Le Ranelagh 01 42 88 64 44 ou  www.theatre-ranelagh.com

Un beau texte, une mise en scène intelligente et des acteurs brillants, que demander de plus?

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L’adaptation vraiment réussie du roman de Joseph Joffo par Christian Duguay nous ramène dans les années d’occupation.

Exercice difficile que de retranscrire au cinéma un roman qui a connu un énorme succès, encore plus difficile quand il s’agit d’un sujet maintes fois vu et revu au cinéma, comme ici les difficultés de vivre, l’obligation de bouger, de vivre constamment avec le poids écrasant des soldats et autres miliciens qui pourchassaient les juifs pendant les années 42/45. Et pourtant Christian Deguay a réussi haut la main son film, qui est à la fois bouleversant, digne d’intérêt de bout en bout, humain, bref tout ce qu’on adore quand on aime le cinéma.

Dans une France occupée, deux jeunes frères, Joseph et Maurice doivent traverser seuls la France pour échapper aux allemands, et tenter de retrouver leurs parents à Nice. A eux de faire preuve de courage, qui vont voyager seuls et faire des rencontres, de se retrouver face à des allemands butés.

Faire les louages d’un réalisateur est une chose, mais parler de tous les acteurs de ce film en est une autre. Les deux jeunes frères dans le film, Dorian Le Clech et Batyste Fleurial Palmieri sont époustouflants de justesse. Ils peuvent être drôles, ils peuvent souffrir, pleurer, nous ressentons à travers eux toute la gamme des sentiments et des sensations. Ils ne jouent pas la comédie, ce ne sont pas des petits singes savants. Non: ils sont les personnages et on croit en eux à chaque minute du film. Ils sont pour le moins bien entourés, avec dans les rôles de leurs parents Elsa Zylberstein et Patrick Bruel. Ce dernier n’a jamais été aussi bon, et pourtant il en a interprété des rôles dans sa carrière, il est absolument génial ici. Lorsqu’il pleure dans ce film, nous avons la larme à l’oeil. Sa partenaire Elsa Zylberstein n’est pas en reste. Autres surprises les apparitions de Kev Adams et de Christian Clavier, qui nous démontrent, (mais en avions nous besoin?), qu’ils sont certes habitués des comédies, mais aussi qu’ils sont doués lorsqu’il s’agit d’interpréter des personnages nettement différents de ce à quoi ils nous ont habitués. Sans oublier Bernar Campan, qui joue à merveille un fasciste, père d’un milicien.

1h50 de vrai cinéma, du genre qui nous rend fier , heureux de vivre, vraiment un grand film!

le film annonce :

 

 

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Bonne nouvelle : il n’y a pas de lapins dans cette comédie….à moins qu’ils ne soient très en retard!

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Cette comédie signée Ariane Mourier est en quelque sorte une énigme. On navigue jusqu’aux dernières minutes sans savoir où on va, en passant de tableau en tableau: Une jeune femme à l’allure très sage, Alice, va se confier à un psychologue. On suit aussi sasoeur jumelle qui est son opposée en tout,qui est un drôle d’officier de police, avec les personnes autour d’elle : un flic un peu idiot, sa meilleure amie qui a des problèmes de couple, et elle-même, Alice qui a un bel amoureux.  Toutes ces personnes se retrouvent dans des situations qui nous laissent désorientés. On cherche ce que veut nous dire l’auteure, tout en restant intéressés par le déroulement de la pièce.

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Les comédiens, qui sont mis en scène par David Roussel, tiennent le récit, sans nous délivrer de véritables indices. C’est toute une galerie de personnages qu’ils interprètent . Le beau mec , c’est Cyril Garnier qui est amoureux d’Alice ( Ariane Mourier). Le psychologue Yannick Mazzilli, la meilleure amie Aude Roman, et le flic adjoint de la sœur jumelle d’Alice Loïc Legendre.

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Difficile de vous en dire plus sans dévoiler le pot aux roses, et tel n’est point ma manière d’écrire. Si on veut que cette comédie garde sa saveur, le mieux est de ne rien dévoiler de plus. Cette pièce n’a pas besoin de beaucoup de décors, ceux-ci sont restreints, qui changent à chaque scène, de telle sorte que cela n’altère pas le rythme. On passe une bonne soirée, comme souvent dans la programmation du théâtre des Béliers Parisiens.

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Représentations : mercredi et jeudi à 20h45, vendredi et samedi à 21h00 et dimanche à 15h30

le théâtre des Béliers parisiens , c’est au 14 bis rue Sainte Isaure dans le 18ème (Métro Jles Joffrin)

Places: 32€ et 10€ pour les moins de 26 ans.

Locations : 01 42 62 35 00   et    www.theatredesbeliersparisiens.com