Théâtre

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Une fois encore Jean Franco réussit la prouesse de nous faire rire avec de bons mots et des comédiens triés sur le volet

Après avoir insulté une contractuelle, le jeune Joshua est envoyé faire ses Travaux d’Intérêt Général dans une maison de retraite, tenue par un couple de Thénardier, et dont les pensionnaires sont tous d’anciens comédiens oubliés. Parmi eux, deux fortes têtes, qui n’ont rien perdu de leur enthousiasme juvénile : Julien Dorval (Jean-Marie Bigard),  grande gueule au verbe haut et au langage fleuri, et son meilleur ami, le gentil Daniel, vieil homo (Patrice Laffont)… Joshua va vite se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond aux « Bleuets », et va s’ingénier à rendre la vie de ses pensionnaires plus douce, en leur offrant un dernier tour de piste…». Vous vous en doutez il y a des chamboulements et des bons mots tout au long de cette pièce.

Jean Franco , l’auteur n’en est pas à son premier succès :  dèjà avec ses propres pièces : Elle nous enterrera tous… avec Marthe Villalonga, (Théâtre Saint-Georges), Jamais 2 sans 3 avec Liane Foly, (Théâtre du Palais-Royal), Les Bras m’en tombent ! (Théâtre de Dix Heures), Soixante Degrés, (Théâtre d’Edgar), Le Bocal (Théâtre Montreux Riviera), Pour combien tu m’aimes ? (Palais des Glaces). Sans oublier ses collaborations avec Guillaume Mélanie ( ce dernier étant un des Thénardier de cette pièce) : Panique au Ministère, avec Amanda Lear et Natacha Amal (Théâtre de la Porte Saint-Martin, Théâtre de la Renaissance et Théâtre des Nouveautés), Plein la vue avec Véronique Genest et Philippe Magnan (Théâtre de la Michodière), et aussi, seul ou à deux, de Quinze Août sur palier, Pièces à conviction (Comédie des 3 Bornes), 22 Novembre 63 (Théâtre des Trois Quart, Vevey), La Chieuse (Comédie Caumartin), À l’envers (Théâtre de La Cité, Nice)…Un week-end sur deux (et la moitié des vacances scolaires),  avec Guillaume Mélanie, et dans laquelle il joue ; Aux frais de la princesse, interprétée par Marion Game et Jean-Pierre Castaldi ; et La Candidate, avec Amanda Lear. Comme vous vous en doutez, il connaît bien les ficelles du rire et n el allant voir une de ses pièces, on reconnaît sa patte et on se régale dès que le rideau se lève.

Curieusement cette pièce ne se joue que 2 fois par semaine, les samedis et dimanches pendant tout l’été, et à un drôle d’horaire : 17h00 jusqu’au 24 aout et ensuite à 20.30

 

Ne vous y trompez pas, ce Dernier tour de piste est vraiment drôle, du début à la fin, et tous les comédiens sont au top : outre ceux déjà cités : Jocelyne Sand, mike Fedee, Marie-Laure Thomassin et Béatrice Constantini. La mise en scène alerte d’Olivier Macé ne laisse la place à aucun temps mort. Le rire de l’été!

la bande annonce:

DERNIER TOUR DE PISTE from Géraldine Tréhel

 

Alhambra
Théâtre Music-Hall
21 rue Yves Toudic
75010 PARIS

01 40 20 40 25
Actuellement  à  17h00 –
et 20H30 à partir du 24 aout 2019-
PLACEMENT ASSIS NUMÉROTÉ
– Carré Or : 42,00€
– 1ère Cat. : 38,00€
– 2ème Cat. : 26,00€
http://www.alhambra-paris.com/derniertourdepiste-lo2755.html
Ouverture des portes une heure
avant le début du spectacle

Duel de Dames, ou quand George rencontre Sarah !

Alors que la tempête fait rage un étrange voyageur se présente à Port Blanc,  petit port breton. Lucien, un jeune marin de 17 ans sert de valet et d’homme à tout faire. Le voyageur est une femme qui porte un nom d’homme, George Sand. Cela n’évoque rien à Lucien. Il sait que la locataire de Port Blanc est une comédienne célèbre Sarah Bernhardt. Cette dernière refuse tout net de recevoir l’écrivain. George Sand insiste, cette rencontre est cruciale pour elle. En févier 1870, l’étoile de la bonne Dame de Nohant a  bien pâli. Elle n’arrive pas à faire jouer sa dernière pièce, elle ne peut plus écrire pour le Figaro, ses dettes deviennent présentes. Elle joue son va-tout en proposant sa pièce à la grande Sarah. L’une est au firmament, l’autre au crépuscule de sa vie. La grande Sarah ne va pas se laisser convaincre comme cela, on sent un contentieux entre les deux femmes. Et puis Sarah sait que l’on  ne vient pas par hasard à Port Blanc.

Thierry Lassalle s’est inspiré pour cetyte pièce d’une note dans le journal de George Sand qui relate son expédition dans le petit port breton. Il a orchestré cette rencontre comme un duel à lames nues. Ces deux femmes ont marqué le siècle par leur prise de position, leur liberté, et leur combat contre une société qui enferme dans un carcan les femmes. Le dialogue est savoureux, les deux femmes sont intelligentes, vives et savent manier le paradoxe avec maestria. C’est un véritable duel où tous les coups  sont permis. La première passe d’arme semble avoir mis George Sand KO mais elle a des ressources et des arguments qui ne devraient pas laisser la diva des scènes parisiennes insensible.

Marie Christine Barrault était tout indiquée pour ce rôle. Entre George Sand et elle c’est un compagnonnage  de longue date. La grande comédienne fut une alliée tant pour l’auteur que pour le metteur en scène Olivier Macé. Connaissant parfaitement l’œuvre elle a pu conseiller l’équipe. Le résultat est là. Marie Christine Barrault est une George Sand toute en force contenue, une belle maturité avec des élans de passions, elle est grandiose. Christelle Reboul interprète  Sarah Bernhardt avec fougue, un humour piquant. Sarah est jeune, célèbre, amoureuse, et veut régler ses comptes. Cristelle Reboul est une  comédienne au registre multiple, elle est étincelante.

Olivier Macé a su diriger de main de maître ses deux monstres sacrés. En confiant le décor à Olivier Prost, il permet aux spectateurs de se trouver dans l’intimité de ces grandes dames. Accessoires et meubles nous plongent en 1870 pour assister à ce savoureux duel. Le spectacle reçoit des applaudissements digne de ces monstres sacrés.

Marie Laure Atinault, envoyée spéciale en Avignon

 

Une rencontre au sommet à Colombey Les Deux Eglises par deux bons comédiens !

Lionel Courtot est un jeune metteur en scène qui a eu un coup de foudre pour le texte magistral d’André Malraux « Les chênes qu’on abat ». Voici  son adaptation théâtrale de cette œuvre. Une rencontre au sommet entre deux figures majeures de l’histoire du XXème siècle. Le Général De Gaulle a eu très tôt la fibre politique et une vision très précise de l’avenir.  Son acharnement à défendre la France en Angleterre et son rôle prépondérant, forcent l’admiration. Malraux voulut le rencontrer et sera d’une fidélité indéfectible au Général. Malraux pourrait être un personnage de roman et même d’une série télévisée tant le personnage est incroyable écrivain, journaliste, aventurier, puis Prix Goncourt en 1933 avec « La condition Humaine ». .Il sera le ministre de la Culture de De Gaule et sera l’un des artisans de la reconnaissance du patrimoine. Il prendra des mesures pour nettoyer les monuments de Paris, et le Louvre retrouvera la couleur de ses pierres. Malraux n’est pas que l’homme à la voix inoubliable qui lira et fera vibrer avec le discours pour Jean Moulin, il n’est pas que l’homme au regard sombre et anxieux avec une cigarette à la bouche dont le visage sombre est parcourut de tics, ayant  le syndrome de Gilles de la Tourette.

Le Crépuscule est une rencontre au sommet entre deux intelligences, deux êtres à la culture raffinée.. On ne peut que regretter ce temps où les hommes politiques avaient fait leurs Humanités, où ils faisaient des citations latines sans avoir recours à un moteur de recherche. Ils œuvraient pour la grandeur de la France.

Pour interpréter ces grands hommes il fallait de grands comédiens, Lionel Courtot offre à deux comédiens, Philippe Girard et John Arnold, des rôles à leur dimension. Comment jouer des personnages historiques dont nous avons des images, l’enregistrement de leurs voix si reconnaissables, sans tomber dans la caricature. Pas d’imitation, pas de gestuelles accentués, John Arnold compose un Malraux terrien les jambes campées sur le plateau prêt à affronter cette formidable rencontre. On dirait un petit taureau. Philippe Girard laisse le texte porter son personnage, en force, en patience. Ces deux hommes se retrouvent peu de temps avant la mort du Général en 1969. Ils  se souviennent. Leur  méditation sur un monde en mouvance, sur un monde en mutation donne le vertige. Un huis clos où le verbe et la pensée politique sont toute en force et en intelligence.

Cette joute verbale alterne entre envolées lyriques et humour matois. Tel Cyrano (l’un des personnages préférés de De Gaulle) ils ont du panache.

Lionel Courtot a basé sa mise en scène sur la simplicité, qui offre un écrin au texte et à ses interprètes. Le sobre décor de Alexandre Fruh et les lumières de  Xavier Martayan, sans oublier  la création sonore de  Michaël Lefèvre donnent un ton à la pièce.

La force et la densité du texte que nous écoutons nous donnent envie de lire ou relire « Les chênes qu’on abat ».

Marie Laure Atinault, envoyée spéciale en Avignon

Bonne surprise en OFF Avignon

Marie Caillaud, petite berrichonne de onze ans, est bien intimidée d’être en face de la bonne dame de Nohant.  La fille du tisserand du haut de ses onze ans sait déjà laver, ravauder, biner, bêcher, brider une volaille et ne rechigne pas devant le travail. George Sand l’engage. Très tôt Madame Sand décèle chez la petite servante, une intelligence vive et un désir de savoir.

Photo Fabienne Rappeneau,

Marie, la cuisinière houspille la petite servante mais lui apprend à cuisiner. La table est bonne et célèbre. Marie est éblouie par ses beaux Messieurs et ses belles Dames qui viennent de Paris. Mais son cœur bat à tout rompre pour le beau Maurice, le fils de Madame. Maurice  lui propose de jouer dans ses pièces, c’est une tradition à Nohant on fait du théâtre, avec les invités, avec les résidents et avec des marionnettes. Les maîtres de Nohant sont très prolifiques. La petite Marie est une bonne et sensible comédienne. On lui apprend à lire et à écrire. C’est plus pratique pour lire et les romans de Madame et les écrits de Maurice. Marie devient la maîtresse de Maurice qui l’a séduite.

Photo Fabienne Rappeneau

Marie prend  de l’assurance auprès de cette belle compagnie. Elle jouera plus de 35 pièces écrites par George Sand, qui, toute sa vie a brisé les tabous, ne craignant pas l’opprobre public. Mais dans sa vie privée, comment George Sand va-t-elle considérer la liaison de son Maurice avec sa gouvernante ?

Photo Fabienne Rappeneau

Gérard Savoisien nous avait enchanté l’an passé avec « Mademoiselle Molière », cette année sa Marie des Poules nous touche au cœur.Dans cette nouvelle pièce, il décrit tout un pan de l’histoire de la li ttérature et du siècle. Au travers du destin d’une petite paysanne analphabète qui s’élèvera plus haut que sa condition, il brosse un portrait de femme délicat et sensible. Dans la pièce nous suivons Marie Caillaud de onze ans jusqu’à sa maturité. Béatrice Agenin compose avec sensibilité Marie. Au début nous avons une petite paysanne aux accents berrichons pour devenir une jeune fille, plus fine, plus cultivée, puis une femme amoureuse et bafouée. Toutes les émotions, les émois, les révoltes de Marie sont portées par Béatrice Agenin. Cette merveilleuse comédienne incarne également George Sand. Sa composition nous touche au cœur. Face à elle, Arnaud Denis incarne Maurice. Comment lui résister ? Nous comprenons Marie, mais Dieu que le personnage est déplaisant, ni pire, ni meilleur que la plupart des fils de famille qui exercer un droit de cuisage sur les petites bonnes. Mais Maurice est  un personnage assez complexe qui vivait dans l’ombre de sa mère, et qui aima sincèrement Marie, du moins il nous plait de le penser.

Photo Fabienne Rappeneau,

Arnaud Denis a composé une mise en scène qui sert admirablement le texte de Gérard Savoisien. Les costumes d’époque nous plongent à Nohant, une maison de poupées nous permettra de pénétrer dans l’intimité des personnages. Les marionnettes à l’image de Marie et Maurice, de Béatrice Agenin et Arnaud Denis sont de Julien Sommer, elles peuvent prendre place dans la collection  à Nohant. Chaque élément de décor est juste, bien pensé et permet aux spectateurs de prendre place pour rire et pleurer à ce superbe spectacle.

Photo Fabienne Rappeneau

Marie Laure Atinault envoyée spéciale au festival d’Avignon

Photo Fabienne Rappeneau, tous droits réservés.

Notre envoyée spéciale à Avignon, Marie Laure Atinault a bien apprécié ce spectacle:

Depuis qu’elle est veuve, et même depuis toujours, c’est la première fois que Lucy Muir, prend son destin en mains. Un événement presque une révolution. Lucy loue une maison au bord de la mer, pour elle et ses deux enfants. Elle n’en peut plus de vivre sous le regard critique de sa belle famille. Malgré les réticences de l’agent immobilier, elle jette son dévolu sur une maison un peu isolée face à la mer.

© Karine Letellier

Dés qu’elle pénètre dans la maison elle sait que c’est elle. La maison est meublée et dans le salon trône le portrait du dernier propriétaire, le Capitaine Greeg. Il a un œil terrible, une barbe de loup de mer, mais Lucy le considère avec bienveillance. La maison craque mais Lucy  sait que le fantôme du Capitaine veille. Il est exigeant, un peu abrupt. Mais que croit-il ? Que Madame Muir va renoncer à sa nouvelle vie. Lucy avec obstination a décidé de faire sa nouvelle vie ici, et ce n’est pas un fantôme bourru qui va l’en empêcher !  Petit à petit elle va apprivoiser le Capitaine. A force de douceur, d’opiniâtreté  elle découvrira son secret.

Les cinéphiles auront tout de suite fait la connexion avec le film de J.L. Mankiewicz avec Gene Tierney et Rex Harrison « The Ghost and Mrs Muir ». Catherine Aymerie a adapté le roman de R.A.Dick.

La première bonne idée est d’avoir  basé l’adaptation sur le roman. La deuxième d’avoir situé l’action après la deuxième guerre mondiale. Le soin apporté aux costumes et aux coiffures et les quelques éléments de décor nous permettent de nous plonger dans cette histoire fantastique avec une bonne dose de surnaturel et d’enquêtes policières.  Le personnage de Madame Muir est celui d’une femme  ordinaire à qui il arrive une aventure extraordinaire. Le metteur en scène Michel Favart a choisi la simplicité en faisant confiance en l’imaginaire des spectateurs.

Les comédiens jouent plusieurs rôles, Paula Brunet Sancho sera terriblement sympathique dans l’un et à claquer dans l’autre, avec autorité. Alexandre Zambeaux est quant à lui nunuche et complexé en agent immobilier et séducteur séduisant pour séduire Lucy. Catherine Aymerie est une comédienne rare, fine et qui sait faire passer les émotions de Madame Muir, partie à la conquête d’elle même avec subtilité. François Cognard est le bourru et séduisant capitaine. Tous les deux soutiennent avec talent la comparaison avec Gene Tierney et Rex Harrison.

Ce beau spectacle se doit d’être présenté à Paris, avis aux directeurs de théâtre de la capitale, ne ratez pas un spectacle aussi délicat, avec la délicieuse Catherine Aymerie.

© Karine Letellier

Marie Laure Atinault pour Onsortoupas.fr

Le regard de Simon et sa paix intérieure ? 

On attend toujours avec impatience une nouvelle création de Diastème, mais pour ce nouveau texte nous retrouvons Simon le « héros »  de  La Nuit du Thermomètre   et de 107 ANS.

Quinze ans se sont déroulés depuis 107 ANS. Simon vit dans le canton de Vaud, pas très loin de la maison de Charlie Chaplin. Simon vit simplement, presque comme un ermite. Sa mère vit dans une maison en face, comme ça elle peut le surveiller, prendre soin de lui. Simon n’est pas dupe. Il compose. Depuis quinze ans il n’a pas revu l’amour de sa vie : Lucie. Une décision de justice lui a interdit pendant 5 ans de la voir. Interdiction d’approcher, a dit le juge. Simon a été jugé fou. Fou d’amour, fou d’absolu, fou de l’incompréhension du monde des adultes. Ont-ils compris que sans Lucie, il aurait fait sauter la planète, mais comme Lucie est sur terre, alors il n’a pas fait sauter la planète. Simon pense toujours et toujours à Lucie. Telle une savante et subtile araignée, il s’est tissée des toiles, des passerelles de soie pour vivre, des échelles de valeur pour ne pas dire aux arbres de la forêt qu’il aime toujours Lucie. Il a fait de ses habitudes ses amis. Simon est très intelligent, d’une sensibilité à fleur de peau qu’il cache, comme ses cicatrices. Ne pas faire de vague, ne pas motiver des questions auxquelles il ne veut pas répondre, déjà que le tatouage qu’il a sur la joue met en émoi les vaudoises, alors les cicatrices !

Sa mère lui offre un ordinateur. Il pense que ce n’est pas une bonne idée. Il n’a pas tord. Les choses ont beaucoup changées en 15 ans. Mais Simon apprend vite et il saura bien retrouver sur la toile Lucie, sa Lucie.

Cela fait quinze ans qu’il se prépare, pour retrouver Lucie. Le grand jour est arrivé, il le sent.

 

Diastème et Frédéric Andrau forment un tandem de création à l’instar de François Truffaut et Jean-Pierre Léaud, de Jean Cocteau et Jean Marais. Frédéric Andrau est Simon, il parle le Simon sans peine, avec une subtilité d’émotion. Pour ce troisième volet, 18 ans après la première création, nous retrouvons la candeur de ce petit prince qui serait tombé de son étoile mais qui reste accroché aux pans de la comète. Frédéric Andrau porte ce regard si particulier de  Simon, de ce Simon mature à qui ont a appris à composer, à se méfier de ses émotions. IL nous entraîne sur les cimes de ce texte sensible, ambigu dans lequel Diastème fait confiance aux spectateurs. Nous sommes entraînés sur un chemin avec des propositions pour les retrouvailles de Simon et Lucie, et un mot, une phrase peut nous égarer. Les photos d’Emma De Caunes la créatrice du rôle de Lucie, sont cernée par l’objectif  de Vanessa Filho.

Diastème a écrit La Paix Dans le Monde pour ceux qui ne connaissent pas encore Simon et puis, bien sûr pour ceux qui ont vibré avec lui dés le début. C’est un tour de force d’arriver à ce subtil dosage. Le texte est drôle, grave, amoureux. Parfois lorsque Simon nous regarde pour raconter ce récit intime de cet amour fou, il nous prend l’envie de le prendre dans nos bras et lui proposer notre aide dans sa quête du Graal, un Graal qui se nomme Lucie. Entre rires et émotions, le texte de Diastème puise au fond du cœur des amoureux. La sensualité désespérée de Simon  fait place à un torrent de désir. Simon est l’homme des paradoxes, une gravité puis un jeu de mot d’adolescent attardé. Simon n’est pas indifférent au monde, ni aux êtres qui l’entourent mais son monde intérieur, la passion qu’il doit juguler lui donne le regard rêveur d’un poète ou d’un Pierrot en quête de sa Colombine. Grave et léger, flamboyant et simple, il porte un regard acéré sur le monde. Avec Simon, nous préparons le jour ou il retrouvera Lucie. Où ils pourront s’aimer librement. Nous en témoignerons.

La force du spectacle est son apparente simplicité. Le décor est constitué d’une grande boîte en bois modulable, éclairé avec invention par Stéphane Baquet. Les photos de Lucie, Lucie de tous les fantasmes et la musique de Cali, nous plonge dans cette histoire qui nous émeut.

Un texte magnifiquement écrit par un Diastème très inspiré, servi par un comédien époustouflant Frédéric Andrau, voilà les ingrédients de l’un des plus beaux spectacles du festival.

 

Marie Laure Atinault, envoyée spéciale en Avignon

 

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Rire au théâtre est toujours quelque chose qui nous fait du bien, et pour cet été, une  comédie ultra drôle se joue à La Comédie de Paris : MENTIR IS NOT GOOD.

 

Deux super potes vivent dans le même immeuble à quelques étages près. L’un des deux,  Yvou,  vient de se faire plaquer mais ne le réalise pas , l’autre, Max,  n’a qu’une obsession, que son père, avec qui il est fâché depuis qu’il a décidé de se consacrer au théâtre, puisse voir qu’il va recevoir un Molière. Pour cela il faut qu’il soit devant sa télé. Le seul qui puisqse se charger de cette tâche, c’est son meilleur pote. Mais Yvou ne va accepter qu’à une condition, que Max lui écrive sa comédie musicale, qu’il a promis à sa copine.  Sur ce canevas, les comédiens s’en donnent à coeur joie, et semblent s’amuser sur scène, mais quand même moins que la salle, qui se marre de bout en bout en crescendo. Inutile de vous raconter plus, en 1 heure et 1/2, les rires fusent, les spectateurs fredonnent des titres un peu (beaucoup) revus et corrigés quant au texte. La mise en scène de Charles Hudon est efficace, qui délire sur le texte écrit par Vincent Piguet.

Excellente raison pour emmener la caméra d’ONSORTOUPAS à la Comédie de Paris, pour rencontrer les deux comédiens : Vincent Piguet (Max) et Yvou (Patrick Chanfray).

 

MENTIR IS NOT GOOD, c’est à la comédie de Paris, 42 rue Pierre Fontaine , à quelques pas du Moulin Rouge

Jusqu’au 27/07/2019 – du jeudi au samedi 20h
Durée : 1h30 environ

Locations : 01 42 81 00 11 ou www.comediedeparis.com

Prix des places : de 11 à 30€

Toutes les photos : Pascal Ito

La bande annonce :

 

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Un des chefs d’oeuvre d’Alexandre Dumas adapté par Jean-Paul Sartre, dans une mise en scène d’Alain Sachs, qui a triomphé au Théâtre 14, revient cette fois au Théâtre de l’Oeuvre pour une série limitée de représentations.

La version de Kean qui est présentée est l’adaptation faite par Jean-Paul Sartre de l’oeuvre d’Alexandre Dumas père. Lorsqu’il a adapté la pièce, Sartre l’avait fait pour Pierre Brasseur, en échange de quoi Brasseur acceptait de créer Le Diable et le Bon Dieu ensuite. Depuis, on se souvient de la série de représentations avec Jean Paul Belmondo qui faisait son retour sur les planches du Théâtre Marigny, dans une mise en scène de Robert Hossein, et c’était en 1987. Maintenant après avoir affiché complet au Théâtre 14, KEAN revient au Théatre de l’Oeuvre, avec les mêmes comédiens qu’au 14 : à savoir : Alexis Desseaux dans le rôle titre, Jacques Fontanel (le Comte), Pierre Benoist ( le domestique + Petyer Patt + Lord Mewill + Darius) Sophie Bouilloux (Elena) tous trois nominés aux Molières mais on ne peut oublier : Frédéric Gorny (Le prince), Eve Herschel ((Amy, Fanny, Gidsa) Justine Thibaudat (Anne) ou Stéphane Titeca ( Salomon). La mise en scène d’Alain Sachs permet aux comédiens de donner le meilleur pour cette intrigue qui mèle harmonieusement humour et tragique. Kean est un fameux acteur anglais que tout Londres vient acclamer en ce début de XIXème siècle. Deux femmes l’aiment, l’épouse d’un ambassadeur (la comtesse Elena) et Anne, jeune héritière bourgeoise.  Kean est pourtant un véritable débauché, alcoolo, coureur de jupons, mais couvert de dettes. Il se moque de tout et surtout de la société et de ses contingences. Mais il est ami avec le Prince de Galles qui s’encanaille avec lui et l’aide quant à ses dettes.

Toutes les photos de cet article : @ LOT

Si vous ne l’avez pas encore découvert courrez au théâtre de l’Ouvre, rue de Clichy pour vous régaler. Je suis allé là bas pour y rencontrer le comédien  qui joue KEAN, Alexis Dessea&ux. Je suis même monté sur scène….pour filmer la rencontre :

Représentations du mardi au samedi , en soirée, matinées dimanche.

Pour les horaires il faut appeler le théâtre car les horaires sont variables selon les jours

Durée du spectacle : environ 2h00

Prix des places  de 21 à 37 €

Renseignements et réservations au 01 44 53 88 88  du lundi au samedi, de 11h00 à 20h00, dimanche de 11h00 à 16h00

par mail : billeterie@theatredeloeuvre.fr

site du théâtre : https://www.theatredeloeuvre.com

la bande annonce :

et la bande annonce plus longues  du Théâtre 14

 

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Sebastian Galeota, un comédien, chanteur, danseur qui mérite toute notre admiration.

Certes nombre d’entre vous ne connaissez pas ce comédien, ….à moins que vous ne soyez venu applaudir un des spectacles dans lesquels il a joué récemment. Certains se souviendront de Evita, amour et gloire ( en 2016 à la comédie Bastille suivi dans la même salle quelques mois plus tard par Renata. Il est actuellement doublement à l’affiche du Théâtre de poche Montparnasse pour deux spectacles totalement différents: Le Premier, Berlin Kabaret, nous fait revivre l’athmosphère d’un drôle de Cabaret dans le Berlin des années 40. Le second est un hommage à Michel Legrand.

Mais sa carrière n’a pas commencé en 2016. Né à Buenos Aires , il a très vite montré qu’il avait plus d’une casquette : Danseur, acrobate, chanteur, comédien et metteur en scène. Arrivé en France en 2005, il a foulé les scènes de l’Opra pour les Contes d’Hoffmann d’Offenbach en 2008, après avoir évolué à Disneyland puis au theâtre de Paris.n On a pu le voir aussi en 2014 dans  The King and I,   aux côtés de Lambert Wilson au Chatelet; puis à Garnier dans La veuve Joyeuse . Il y a 2 ans il fut un des protagonistes de L’Histoire du Soldat au Poche Montparnasse., mise en scène de Stephane Druet tout comme les 2 spectacles où on peut le voir en ce moment.

© Pascal Gely

© Pascal Gely

© Pascal Gely

Quoi de mieux que de profiter du décor de Berlin Kabaret pour le rencontrer devant les caméras d’Onsortoupas?

Berlin Kabaret : jusqu’au 19 MAI 2019 – Du jeudi au samedi à 21h15, dimanche à 17h30

Michel For Ever : DU 25 MAI AU 14 JUILLET 2019 – Du jeudi au samedi 21h15, dimanche 17h30

Tous renseignements et locations : http://www.theatredepoche-montparnasse.com

ou par téléphone : 01 45 44 50 21

Après avoir vu la quasi totalité des pièces en lice pour les Molière de cette année, je me demande si je ne vais pas demander aux organisateurs de pouvoir voter …l’année prochaine.

Trop tard pour cette année, toutefois, rien ne m’empêche de donner mon avis ici. Alors allons y :

En Rouge : mon favori :

 

Molière du Théâtre Privé

Les Crapauds Fous

La Machine de Turing

La Ménagerie de Verre

Mademoiselle Molière

 

Molière du Théâtre Public :

Le Banquet

Les Idoles

Kean

La Nuit des Rois ou Tout ce que vous voulez

 

Molière de la Comédie :

Le canard à l’Orange

La Dégustation

Fric Frac

Le Prénom

 

Molière de la Création Visuelle:

Chapitre XIII

Fric Frac

Kanata Episode 1 La Controverse

Thyeste

 

Molière du Spectacle Musical:

Chance (Théâtre La Bruyère)

Chicago (Théâtre Mogador)

Operaporno

Yolande Moreau, Christian Lovier, Prévert

 

Molière de l’Humour:

Michèle Bernier dans Vive Demain

Florence Foresti dans Epilogue

Blanche Gardin dans Bonne Nuit Blanche

Caroline Vigneaux

 

Molière du Jeune Public :

Les Aventures de Tom Sawyer

Jules Verne la comédie musicale

M comme Mélies

Verte

 

Molière du Seul(e) en scène :

Le fils (Emmanuelle Hiron)

Girls and boys (Constance Dollé)

Ich bin Charlotte (Thierry Lopez)

Un coeur simple (Isabelle Andréani)

Meilleur comédien dans un spectacle de Théâtre Privé:

Nicolas Briançon pour LE CANARD A L ORANGE

Bernard Campan (LA DEGUSTATION)  mon second choix!!

Benoit Solès (LA MACHINE DE TURING)

Lambert Wilson (LE MISANTHROPE)

Meilleur comédien dans un spectacle de théâtre public :

Mathieu Amalric (LA COLLECTION)

Grégori Baquet (HAMLET)

François Morel (J’AI DES DOUTES)

Denis Podalydès (LA NUIT DES ROIS)

 

Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre Privé:

Anne Bouvier (MADEMOISELLE MOLIERE)

Isabelle Carré (LA DEGUSTATION)

Anne Charrier (LE CANARD A L’ORANGE)

Christiana Reali  (LA MENAGERIE DE VERRE)

Molière de la comédienne dans un spectacle théâtre public :

Francine Bergé (L’ECHANGE)

Rachida Brakni (J’AI PRIS MON PERE SUR MES EPAULES)

Marina Foïs (LES IDOLES)

Florance Viala (LA LOCANDIERA)

 

Molière du Comédien dans un second rôle:

Pierre Benoist ( Kean)

Sébastien Castro (LE PRENOM)

Olmivier Claverie (LA DEGUSTATION)

Jacques Fontanel (LA NUIT DES ROIS)

Christophe Montenez (LA NUIT DES ROIS)

François Vincentelli ( LE CANARD A L’ORANGE)

Molière de la Comédienne dans un second rôle :

Sophie Artur (LE CANARD A L’ORANGE)

Sophie Bouillon (KEAN)

Brigitte Catillon ( LE MISANTHROPE)

Ophélia Kolb (LA MENAGERIE DE VERRE)

Annie Mercier (THIESTE)

Sol Espeche (LA DAMA BOBA..ou CELLE QU’ON TROUVAIT IDIOTE)

 

Molière de la Révélation Masculine :

Harrison Arevalo (LES IDOLES)

Aurélien Chaussade (QUI A PEUR DE VIRGINIA WOOLF)

Valentin de Carbonnières (7 MORTS SUR ORDONNACE°

Rudy Milstein ( J’AIME VALENTINE…MAIS BON)

Rudy Milstein

Molière de la Révélation Féminine:

Evelyne Bayart (FRIC FRAC)

Alioce Dufour (LE CANARD A L’ORANGE)

Ariane Mourier ( LE BANQUET)

Justine Thibaudat (KEAN)

 

Molière de l’Auteur Francophone vivant :

Pauline Bureau (MON COEUR)

Virginie Despentes (KING KONG THEORIE)

Christophe Honoré (LES IDOLES)

Fabrice Melquiot (J’AI PRIS MON PERE SUR MES EPAULES)

Mélodie Mourey (LES CRAPAUDS FOUS) mon 2d choix

Benoit Solès (LA MACHINE DE TURING)

 

Molière du metteur en scène d’un spectacle de Théâtre Privé:

Nicolas Briançon (LE CANARD A L’ORANGE)

Mélodie Mourey (LES CRAPAUDS FOUS)

Tristan Petitgirard (LA MACHINE DE TURING)

Charlotte Rondelez (LA MENAGERIE DE VERRE)

 

Molière du metteur en scène d’un spectacle de Théâtre public :

Pauline Bureau (MON COEUR)

Robert Lepage (KANATA EPISODE 1 LA CONTROVERSE)

Mathilda May (LE BANQUET)

Thomas Ostermeieir (LA NUIT DES ROIS)

 

Vous pouvez retrouver nombre de ces nominés en interview sur ce site